Bien qu’elle incarne une femme au caractère bien trempé à la télévision, Anne-Élisabeth Blateau confesse être très différente dans la vie de tous les jours. “J’aimerais bien être aussi solide qu’Emma. Je suis terrifiée et je doute en permanence !”, avoue-t-elle avec sincérité à Closer. Une nature angoissée qui a pris une nouvelle dimension lors de la naissance de son fils Hadrien en 2016. Devenue mère dans la fiction avant de l’être dans la réalité, l’actrice ne cache pas son tempérament ultra-protecteur : “Mon fils est toute ma vie. Il aura le droit d’aller seul à l’école à 24 ans !”, s’amuse-t-elle, prolongeant la plaisanterie sur son quotidien : “Moi, je dis à mon fils qu’il ne pourra pas prendre le métro tout seul avant l’âge de 24 ans.”
Pour tempérer ces inquiétudes, elle s’appuie sur le père de son fils, véritable pilier d’équilibre au sein du foyer. “J’ai la chance que son père soit plus tranquille, plus confiant et ne voit pas le mal partout. Cela s’équilibre et moi, je reste donc sur ma position : tout est dangereux”, concède-t-elle.
Anne-Élisabeth Blateau évoque aussi sa grossesse tardive, qu’elle impute en partie aux angoisses involontairement transmises par sa propre mère. Cette dernière l’a élevée seule dans un contexte social et familial particulièrement rude. “Je ne lui en veux pas”, assure l’actrice avec beaucoup de tendresse. “Elle s’est débrouillée toute seule avec un enfant dans un monde qui était hostile. Dans sa famille, elle était mise au ban, et on m’appelait la bâtarde. Elle était féministe aussi et voulait travailler, et ne pas dépendre d’un homme et d’un mariage.”
Ces valeurs d’indépendance et d’égalité, l’actrice souhaite les transmettre à Hadrien dès son plus jeune âge. Soucieuse de l’éduquer au féminisme, elle a instauré un rituel de lecture précis : “Je lui ai acheté Histoires du soir pour filles rebelles, un livre sur des femmes extraordinaires. On lit ça tous les soirs.” Une démarche éducative que le petit garçon n’hésite pas à questionner. “Mais il en a un peu marre et me dit : “‘Je suis un garçon, il n’y a pas de garçons rebelles ?'”, s’amuse la comédienne, qui a su ajuster son discours : “J’essaie donc de me calmer et de lui dire que c’est bien aussi d’être un garçon.”
Aujourd’hui, Hadrien grandit sereinement avec la notoriété de sa mère. S’il est conscient que d’autres enfants de son école la reconnaissent, il vit cette situation très naturellement. Il a même eu l’occasion de se rendre sur le plateau de Scènes de ménages pour y tenir un petit rôle, une expérience qu’il a adorée. Pour autant, la série phare de M6 n’est pas son programme favori : “Il ne regarde pas spécialement la série, parce que ça ne le fait pas rire…” conclut Anne-Élisabeth Blateau cette fois à Télé 7 jours. Un regard d’enfant lucide et rafraîchissant, parfait pour garder les pieds sur terre.
