
Après avoir collaboré avec les plus grands noms de la gastronomie française au sein d’établissements prestigieux comme le Plaza Athénée, le Bristol ou le Crillon, et officié comme cheffe durant les Jeux Olympiques de Paris, Amandine Chaignot s’est lancée dans un projet d’un tout autre genre. Déjà à la tête de deux adresses parisiennes, c’est désormais dans le Perche ornais, au sein du petit village de Réveillon, qu’elle s’épanouit du jeudi au dimanche.
L’aventure a débuté en 2021, durant le confinement, lorsque la cheffe qui s’est illustrée dans Masterchefa choisi de quitter la capitale pour se réfugier dans le Perche, découvrant alors les produits du terroir local. Sur les conseils d’un maraîcher, elle a rencontré les élus de Réveillon qui venaient de racheter le café de cette petite commune de 300 habitants pour en préserver l’activité commerciale. “On voulait que ça reste un commerce, retrace Jean-Paul Lesueur, devenu maire en mars 2026, auprès de Ouest-France. On pensait à un bar café resto.” Loin d’être effrayée par les travaux nécessaires, la cuisinière a tout de suite décelé le potentiel de l’ancien Jazz café. Elle explique ses motivations : “J’avais envie de créer un petit resto gastronomique. À Paris, ça aurait été un de plus parmi tant d’autres. Ici, il y a peu d’offres et plein de produits du terroir.” C’est ainsi qu’après deux phases de rénovation en 2023 et 2024, son établissement baptisé Sauge a ouvert ses portes au 9, place de l’église.
Au sein de son auberge, l’offre est multiple. “Il y a deux offres distinctes : une partie gastronomique et une partie bistro“, explique Amandine Chaignot. Des deux côtés, le principe repose sur un menu imposé qui change chaque semaine. Cette organisation rigoureuse répond à des critères précis : “On rationalise pour éviter le gaspillage.” Et cela tout en privilégiant des circuits très courts : “Nos viandes et nos poissons sont normands. Le pain est fabriqué juste à côté.” Les herbes et fleurs proviennent d’ailleurs du jardin du presbytère. “Je ne me vois pas travailler autrement“, s’enthousiasme Amandine Chaignot. Le bistro propose des formules de 25 à 45 euros, tandis que le côté gastronomique oscille entre 45 et 75 euros, permettant d’attirer une clientèle hétéroclite. “On a toute sorte de public, assure la cheffe. Des locaux, des Parisiens… C’était important pour moi. Je voulais un lieu ouvert, où on vient et on revient, quelle que soit l’occasion.” Face au succès de l’établissement, elle aménage actuellement le premier étage pour des séminaires ou autres ateliers et y prépare la finale du concours du Meilleur Ouvrier de France : “On était près de 700 au départ, et nous ne sommes plus que quarante-deux.” Le verdict tombera cet automne.