Estelle Dossin dévoile les secrets
d’un couple qui dure, parle sexualité, ex et red flags avant le
retour de « Mariés au premier regard ».
Dix ans après le lancement de Mariés au premier regard
sur M6, la question intrigue toujours autant : qu’est-ce qui fait
vraiment tenir un couple dans le temps ? Invitée du Buzz
TV ce jeudi 19 février, Estelle Dossin, psychologue
clinicienne emblématique de l’émission, a répondu sans détour aux
interrogations que beaucoup se posent sur la sexualité, les
disputes, les ex et les signaux d’alerte. Alors que la saison 10
sera diffusée lundi 23 février à 21 h 10 sur M6,
le programme affiche un bilan contrasté. Effectivement, sur 116
prétendants passés devant les experts, seuls deux mariages tiennent
encore aujourd’hui. Un chiffre qui rappelle que la compatibilité ne
suffit pas toujours à faire durer l’histoire.
Le secret
d’un couple qui dure selon Estelle Dossin
Aux côtés de la sexologue Marie Tapernoux, Estelle Dossin
accompagne cette année 16 candidats dans leur mariage à l’aveugle.
Mais selon elle, la solidité d’un couple ne repose pas uniquement
sur l’alchimie. “L’amicalité. Je pense qu’un couple qui
fonctionne bien est un couple qui est ami. La complicité, on se
marre, on parle, on peut se disputer mais ce n’est pas une fin en
soi. C’est de ne jamais perdre son super objectif d’être ensemble
et de se rappeler pourquoi on s’est mis ensemble au départ, parce
que des orages, il y en a.”
Et d’ajouter : “On parlait de la récession chez les jeunes,
ils ont de plus en plus de mal à gérer les frustrations et les
contradictions. Et ça dans un couple c’est compliqué, parce que
forcément on n’est pas toujours d’accord. Et se séparer
parce qu’on n’est pas d’accord, ça n’a pas de sens. En revanche on
peut avoir des avis différents et continuer ensemble, il faut
dépasser les choses, il faut élaborer les conflits”, a-t-elle
déclaré. Pour la spécialiste, le désaccord ne doit pas être
confondu avec l’échec. Et pour cause, le conflit fait partie de la
relation, à condition qu’il soit travaillé et dépassé.
“Est-ce que c’est normal de moins faire l’amour au bout d’un an
?”
Une autre question revient souvent dans son cabinet parisien.
Est-il normal que la fréquence des rapports diminue après plusieurs
mois ou un an de relation ? “Au début, évidemment, quand on
vient de se rencontrer, c’est tout feu tout flamme, on est toujours
grimpé l’un sur l’autre, il y a un truc qui est vraiment
charnel, très animal, qui est très agréable et qui va participer à
créer l’attachement parce qu’on est plein d’hormones. Il y a
notamment l’ocytocine, qui est l’hormone de l’attachement et qui va
être énormément libérée au début d’un couple. Après, le couple vit
d’autres choses et fait entrer dans la dynamique des éléments
extérieurs : des vacances, des personnes que l’on rencontre, toute
une organisation sociale autour du couple.”
“Le couple va évoluer aussi dans sa sexualité. Ça, on me
pose souvent la question dans mon cabinet : “Est-ce que c’est
normal de moins faire l’amour au bout d’un an qu’au tout début ?”
Bah oui en fait ! Et ce qui est inquiétant, ce sont les couples qui
ont une sexualité absolument identique au tout début, un an après
ou deux ans après. Ce sont des couples qui laissent peu de place,
paradoxalement, à l’intimité. Ça pose questions parce que si on ne
fait plus l’amour, de quoi parle-t-on ? Est-ce qu’on a des choses à
se dire ?”, expliquait la psychologue de
Mariés au premier regard en insistant sur l’importance de
ne pas comparer son couple à d’autres.
Faut-il se remettre avec son ex et quels sont les red flags ?
La tentation de retourner vers une ancienne relation surgit
parfois dans les périodes de solitude. Face à cette situation,
Estelle Dossin donne une réponse claire : “Pas trop, non. Ça
dépend des raisons pour lesquelles on s’est séparés. Mais je me
demande souvent pourquoi on devrait se remettre avec son ex. En
général, c’est parce que c’est un moment de disette et on se dit :
“Ah finalement ce n’était pas si mal avec mes ex.” Mais toutes les
personnes que je connais qui se sont remises avec leur ex se disent
: “Ah oui, maintenant je comprends pourquoi je me suis
séparé.”
Enfin, interrogée sur le pire signal d’alerte dans une relation,
la psychologue ne tergiverse pas : “L’agressivité passive. Je
pense que cette espèce de méchanceté déguisée en bienveillance,
c’est un tue-l’amour, c’est toxique au plus haut point. Ça génère
de l’emprise et ce n’est pas bon du tout.”